Près de 20 jours après avoir ordonné au premier président de la Cour des comptes, Driss Jettou, l’élaboration d’un rapport sur l’exécution du programme de développement régional “Al Hoceima Manarat Al Moutawassit”, le roi Mohammed VI a reçu Driss Jettou ce mardi 24 octobre.

Le souverain a donc décidé de limoger 4 ministres dont celui de la santé, Mr El Ouardi Houssine en raison du retard injustifié pris par le programme de développement de la ville d’Al Hoceima, agitée dernièrement par une série de manifestations, réclamant le développement de cette région du nord du Maroc. Ce limogeage met donc fin à une aventure qui a duré plus de 5 ans à la tête du ministère, marquée positivement par une baisse de prix sur plusieurs médicaments, une promotion relativement réussie du dons et de la greffe d’organes et l’opération Karama avec la fermeture du fameux Bouya Omar mais également négativement par la décadence du système de santé public au profit de la privatisation du secteur notamment par l’ouverture des hôpitaux et cliniques privées aux capitaux d’investissements.

D’un autre côté, l’ère de Mr El Ouardi fut marqué par le fameux projet de loi du service civil  obligatoire pour les  nouveaux médecins, qui a été la goutte faisant déborder le vase pour les médecins en formation et étudiants les incitant à joindre leurs efforts pour formuler un dossier revendicatif puis à se lancer vers un boycott des cours et stages du coté des étudiants et vers la grève ouverte chez les résidents. Le dossier du CSO n’ayant pas été fermé par l’ancien ministre, engendra une bruyante réponse de la part du personnel de la santé devant les conditions déplorables de travail nuisant à la qualité des soins dans un univers où la population devient de plus en plus exigeante.  En effet, dernièrement fut organisée une grève nationale puis une manifestation le  jugée historique dans une tentative de mettre plus de pression sur l’ex-ministre afin d’aboutir à des revalorisations salariales et une rénovation du système de santé public.

Selon les médecins de la fonction publique, la lutte ne fait que commencer, eux qui considèrent la décision royale comme un espoir de voir à la tête du ministère de nouveaux visages avec des visions claires et une revalorisation du statut de médecin qui fut malmené par les campagnes de diabolisation répétitives menées par le ministre précédent et son équipe. Dans l’attente de connaitre le nouveau ministre et son cabinet les médecins du secteur publique mais également les internes, les résidents ont déjà commencé un arrêt d’usage des cachets et organisent une grève nationale le 1 novembre prochain en s’alliant au corps professoral  et aux étudiants avec la détermination qu’un jour le Maroc aura des stratégies de développement de la santé à court, moyen, et long terme avec des objectifs précis, logiques, efficaces pour améliorer l’offre de soin, que ça soit dans les villes ou dans les régions les plus reculées et qu’on puisse enfin redonner au citoyen marocain le droit d’être malade et d’être assuré qu’il sera bien traité avec tout le matériel et les ressources humaines nécessaires.