L’incidence du diabète de type 2 ne cesse de croître à la fois dans les pays industrialisés et dans ceux en voie de développement. Nous sommes à l’aube d’une épidémie annoncée car l’expression de la maladie se développe parallèlement au risque de survenue des cancers principalement celui du côlon, l’endomètre, le rectum et le sein .

Si la Metformine représente la “Vieille ” molécule couramment utilisé dans le traitement du diabète de type II , de nouvelles perspectives liées à son action ont été récemment élucidées , notamment ses propriétés antitumorales. Par conséquent, de nombreuses recherches expérimentales ont été initiées au cours de ces dernières années afin de comprendre les mécanismes cellulaires et moléculaires susceptibles d’expliquer les effets protecteurs de la Metformine contre le cancer.

Comment ?

Dans une publication récente, les scientifiques de l’association américaine des recherches cancéreuses se sont intéressés au duo “Metformine et cancer colorectal” chez les patients atteints de diabète sucré. Plusieurs études épidémiologiques ont montré de fortes associations inverses entre l’utilisation de la Metformine et le risque de cancer colorectal.

Les auteurs ont mené une étude de cohorte pour réexaminer cette association afin d’approcher les mécanismes de cette action miraculeuse.

Ils ont constaté que la prise à long terme de la Metformine (≥ 5 ans)  semble être liée à la réduction du risque de cancer colorectal dans l’ensemble de la population, chez les utilisateurs actuels et chez le sexe masculin mais pas chez les femmes. Des doses cumulatives plus élevées de Metformine ont été également rattachées à un risque réduit. Chez les premiers utilisateurs de sulfonylurées, le passage à la metformine ou l’ajout de cette substance fut également accompagné d’une diminution du risque de cancer colorectal.

Néanmoins, ces avancées doivent être confirmées par de grandes études bien menées et qui s’intéresseraient cette fois plus étroitement au mécanisme d’action de la Metformine.

Connue pour son action hypoglycémiante optimale , la Metformine est désormais utilisée en première intention pour le traitement du diabète de type II, et ce en neutralisant  la résistance à l’insuline.

Parallèlement, il a été démontré que le miR-26b, un micro ARN  est impliqué dans la sensibilité à l’insuline et le cancer et pourrait constituer de ce fait la pierre angulaire dans l’action antitumorale de la Metformine.

D’une part, le niveau de miR-26b semble être significativement plus faible chez les patients présentant une résistance à l’insuline à l’opposé des sujets normaux.

D’autre part, on note que la survenue du cancer colorectal est consécutive à une régulation négative du miR-26b, ayant un puissant effet inhibiteur sur le côlon et sur la prolifération des cellules cancéreuses, et d’une expression augmentée du facteur amplificateur lymphoïde 1 (LEF-1). Aussi est-il important à noter que le LEF-1 endogène est considérablement inhibé en cas de surexpression du miR-26b. Les gènes des cyclines D1 et C-Myc, impliquées dans la tumorigenèse, se trouvent eux aussi réprimés.

A la lumière de cette brève analyse, le bénéfique thérapeutique de la metformine sur le cancer colorectal a été plus au moins éclairci. En effet, chez les patients atteints de diabète sucré, la Metformine entraîne dans un premier temps une hausse du miR-26b en réduisant la résistance à l’insuline. L’augmentation du taux de ce micro ARN  inhibe le LEF-1 et bloque l’activation des gènes cibles; cyclines D1 et c-Myc.

Cependant, en raison du dimorphisme sexuel  notamment sur l’expression du gène LEF1, les hommes et les femmes pourrait réagir différemment à l’action de la Metformine, ce qui expliquerait  l’échec du mécanisme chez le sexe féminin . Un contrôle métabolique strict devrait être inséré dans l’avenir, prometteur de résultats meilleurs .