Bonjour docteur Aya Rhaouti, vous êtes médecin FFI au niveau de l’hôpital Sidi Lahcen De Temara, Présidente du Bureau des étudiants en médecine de Rabat, et vous aviez occupé le poste de coordinatrice nationale au sein de la commission nationale des étudiants en médecine au Maroc dont vous êtes toujours membre.

Parlez nous des principales raisons de cette grève et quel est le secret de l’Union avec les pharmaciens ?

Les causes de notre grève sont multiples :
– Les conditions de notre formation sont déplorables.
– Nos stages ne le sont que de nom : Manque de professeurs, surpeuplement des services par les étudiants..
Mais la goutte qui a fait déborder le vase est l’orientation aveugle de l’enseignement médicale vers la privatisation : en apprenant que nous autres, étudiants de la faculté publique allons devoir passer notre concours d’internat avec les étudiants des facultés privés ( qui bénéficie d’une   formation «  privilégiée » et ce en étudiant en effectif réduit…)

Cette nouvelle a connu un refus unanime et catégorique de l’ensemble des étudiants en médecine des 9 facultés publiques du Royaume.

Quant à notre union avec les pharmaciens, cette union est naturelle car nous avons toujours été des confrères et nous partageons la même faculté, et nous nous sommes toujours serrer les coudes car nos problèmes sont les leurs, nos difficultés sont les leurs, et si aujourd’hui nous faisons face à cette privatisation, cette « scie » utilisée par le gouvernement ne manquera pas de les atteindre.

L’union étudiant médecin-pharmacien est déjà effective au niveau des deux villes de Rabat et Casablanca, et elle sera prochainement annoncée au niveau nationale.

 

Qu’en est il des étudiants en médecine dentaire ?

Ces derniers sont nos frères, leurs problèmes sont les  nôtres, et notre cause est la leur, et cela pourrait aller au delà des étudiants en médecine : TOUS LES JEUNES MAROCAINS ONT LE DROIT A UN ENSEIGNEMENT GRATUIT ET DE QUALITÉ.

Si vous ne recevez  aucune réponse du ministère à  vos revendications, quelles seront vos prochaines actions !?

Nous nous attendons à ce que le ministère réagisse rapidement à nos revendications, car ces dernières sont légitimes, et constituent le socle de la résurrection du système éducatif des études médicales, qui ne pourrait être que bénéfique pour les médecins de demain, et donc bénéfique pour l’ensemble des citoyens du Royaume, qui obtiendront donc des médecins compétents et épanouies.

Le ministère se doit avant tout de penser au bien des citoyens.

Si toutefois nous ne voyons aucun signe de bonne volonté de la part du ministère, notre seule réaction se fera à travers notre militantisme, et soyez sur que tout les étudiants en médecine du Maroc sont prêt à aller aussi loin que possible pour voir leurs droits respectés et leurs dignités sauvegardées.

Les étudiants en médecine, médecine dentaire et pharmacie des universités payantes affirment que eux aussi ont droit à passer le concours et qu’ils restent avant tout des citoyens marocains, quel serait votre réponse ?

Les étudiants des universités payantes sont nos frères et nos soeurs, nous nous connaissons bien et nous militons pour eux aussi : si le ministère veut offrir la possibilité aux jeunes marocains d’avoir une bonne formation, personne ne devrait payer un aussi lourd tribut pour recevoir un enseignement et une formation qui se doit d’être garantie gratuitement pour tous, et nous pensons qu’il en va de leurs intérêt de refuser cette démarche du ministère qui ne cherche qu’à nous entasser dans des C.H.U mal équipés, mal entretenues et souffrant d’un manque atroce d’enseignants et de formateurs.

Un dernier mot pour le ministre de l’éducation nationale, les étudiants des universités payantes, et pour les étudiants des facultés publiques !?

Au ministre : nous sommes tous des enfants du peuple, et vous vous devez de trouver des solutions qui protègent notre avenir et non mettre en danger tous nos efforts, notre stress, notre volonté et nos rêves.

Aux étudiants des universités payantes, je dirais : Ne pensez pas que nous sommes vos ennemies, nous sommes tous dans le même bateau et devant tous réclamer un enseignement gratuit et de qualité pour tous .

Aux étudiants des facultés publiques : Mes confrères, mes consoeurs, notre combat vient de commencer, soyons unis, soyons forts et nous vaincrons.