Nous voila arrivés à notre prestigieuse destination … LA GRECE. Une escale incontournable dans notre passionnant voyage car c’est bien ici où la médecine auparavant, balbutiante, se construit et se rationalise dès le cinquième siècle avant J.-C. avec Hippocrate de Cos, le père de la médecine.

Plus tôt, toutes les médecines dites « archaïques » étaient fondées sur la magie, la prière et  la divination. Néanmoins, à l’apogée de leur civilisation, les Assyro-Babyloniens et les Égyptiens ont fait un pas timide vers la laïcisation de la médecine.  Et à l’instar de cette dernière mi-sacerdotale mi-praticienne, s’est développée la médecine grecque, une science qui exprima une ébauche de raisonnement médical et fut le point de départ vers plus de scientificité. En effet, c’est à ce moment qu’ont été développés les concepts rationnels qui devaient définir la pensée et la pratique médicale en Europe, pendant plus de deux mille ans.

Certes, dans l’Antiquité grecque, la médecine irrationnelle perdure. Ce fut  d’abord un art donné aux hommes par les Dieux, les descendants d’Asclépios notamment. En effet, la médecine demeure à cette époque un domaine lié à la religion et chargé de magie, où les traitements se réduisaient à l’usage des amulettes et des incantations .

Mais à côté de ces pratiques religieuses, naquit une médecine rationnelle, représentée initialement par l’école de Cos et son fondateur Hippocrate.

Qu’elle a été justement l’apport d’Hippocrate dans le fondement de la médecine scientifique?

Influencé par la grande période d’effervescence intellectuelle de la Grèce, et ayant reçu une formation médicale,  Hippocrate se met à la recherche des causes des maladies à l’aide d’observations multiples et étudie l’application de remèdes appropriés.

Auteur du célèbre livre” le Corpus hippocratique”, Hippocrate y apporte trois innovations qui marqueront durablement la médecine occidentale.

Premièrement, il établit les règles d’ une approche clinique du patient : l’observation est primordiale, ainsi que l’usage de la raison, qui permettront au médecin de formuler un pronostic quant à l’issue de la maladie. Hippocrate commence par décrire précisément les divers symptômes et explore l’état général du patient. Son examen porte également sur l’état de la langue, du visage, des yeux et des fluides corporels à savoir les urines et les selles. Aussi, commence-t-on à distinguer les différentes types de fièvre suivant le rythme observé dans les poussées. Il s’agit d’une nouvelle vision de l’homme qui n’est plus en relation plus ou moins conflictuelle avec les dieux, mais en rapport avec son environnement.

Deuxièmement, l’enseignement hippocratique tente de se donner un cadre théorique. Le plus connu étant la théorie des humeurs où le but du traitement était de rétablir à l’intérieur du corps l’équilibre des humeurs en relation avec les quarte éléments: la bile jaune, la bile noire ou atrabile, le flegme ou lymphe et le sang dont le déséquilibre pouvait être à l’origine des maladies, pensait-on. De plus, les médecins hippocratiques s’intéressent à des problèmes de nature plutôt théorique tels la croissance biologique et la reproduction. Sur un plan plus pratique, ils étudient le fonctionnement du corps humain, faisant ainsi considérablement progresser les connaissances anatomiques mais dont l’authenticité reste très douteuse en raison du tabou grec qui interdisait la dissection du corps humain.

Enfin, l’enseignement hippocratique repose sur une véritable déontologie médicale, exprimée principalement dans les traités du serment d’Hippocrate , et avec la naissance d’une vraie conscience de la médecine “Dans toute maison où je serai appelé, je n’entrerai que pour le bien des malades…”. Par ce procédé, Hippocrate met en avant des éléments aussi essentiels que l’intérêt primordial du malade, la probité du médecin ou encore le secret médical.

A la lumière de cette humble analyse du “corpus hippocratique” il n’y a nul doute qu’Hippocrate de Cos nous légua une base de médecine qui fit de lui un grand personnage de l’histoire. Sans ses œuvres, la médecine ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui. Il sut inspirer des siècles de recherches en sciences médicales et plusieurs médecins par son sens de l’éthique dans la pratique médicale. Il reste un immortel de l’histoire et influença ses successeurs; Galien justement.

Comment ? Allons jeter un coup d’oeil sur la médecine Romaine.