La médecine dans la préhistoire

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Après un long voyage dans le temps, nous voilà au siège du commencement, dans les réminiscences d’un passé lointain; c’est dans la préhistoire que vous résiderez pendant les prochaines minutes. Une époque oubliée qui attire l’attention et attise la curiosité de tout un chacun.

Adieu l’échographie, les lames bistouri et les scalpels, la médecine primitive ne fait appel qu’aux forces occultes à savoir les dieux, les démons, les mauvais esprits et les fantômes. Et ce, pour combler le besoin de l’homme à la spiritualité, l’adaptation et le déchiffrage simple de réalités trop complexes.

Grâce à la Paléopathologie et éthologie, on a pu déceler les mystères de la médecine préhistorique en se basant sur l’étude des civilisations anciennes et leurs modes de vie.

Sur ce, nos archéologues ont fait appel à leur dons pour mieux apprivoiser les fossiles trouvés dans certains sites préhistoriques, convaincus qu’ils étaient la seule source d’informations visibles. Le but étant d’analyser minutieusement, à l’aide des méthodes scientifiques modernes, les différents squelettes et os et les soumettre à un examen précis afin de dépister les traumatismes et d’observer les métastases osseuses, la tuberculose et la syphilis largement répandus en cette période.

Aussi, consacrerons-nous une bonne partie de notre séjour à la paléo médecine, une science qui résolut maintes énigmes. En effet, d’après les squelettes exhumés, l’homme préhistorique savait réduire les fractures, en immobilisant les os cassés et en conservant leur axe. Cependant, la subsistance de chevauchement des deux fragments révéla son ignorance quant à la traction sur les deux extrémités.

De plus, on découvrit la plus ancienne forme de chirurgie est sans doute l’une des plus impressionnantes. Il s’agit bel et bien de la trépanation du crâne. Si cette dernière est pratiquée aujourd’hui principalement dans la thérapeutique cancérigène, contre une infection bactérienne ou un épanchement sanguin cérébral, on y recourait autrefois pour soigner des patients épileptiques ou atteints de troubles mentaux.

L’acte consiste à percer la boite crânienne d’un trou circulaire, en vue d’opérer le cerveau ou encore de soulager une hypertension intracrânienne.

 

Mais d’abord pourquoi l’homme préhistorique s’acharnait-il à accomplir un tel chef d’œuvre ?

En effet, deux types de trépanations ont été identifiés, l’une réalisée en post-mortem dont l’utilité principale consistait à extirper le cerveau et le conserver dans un but thérapeutique notamment pour soigner la syphilis. Le crâne, quant à lui, servit de verre ou dont le fragment représentait un remède.

Le deuxième type qu’on nomma la trépanation pré-mortem était pratiqué non seulement dans un but médical à savoir le traitement de l’épilepsie, l’hystérie ou les convulsions particulièrement chez l’enfant mais aussi à visée chirurgicale notamment en cas d’ostéite, de nécrose des os du crane, d’hernie de l’encéphale ou d’hydrocéphalie.

De surcroît, 600 000 ans avant JC, nos prédécesseurs étaient capables de réaliser des amputations à caractère médical et ce pour traiter un panaris ou une autre infection digitale par exemple.

 

Mais que signifiait « être malade » autrefois ?

Dans le cadre de nos recherches concernant l’ethnomédecine, on mit en évidence que l’homme préhistorique se contentait généralement des étiologies superstitieuses et arriérées pour expliquer la cause de la maladie. Mauvais génie, démons ou déité étaient souvent associés à un syndrome maladif ou à une souffrance du corps considérés notamment telle une punition divine. L’ensorcellement, le mauvais œil, le non respect d’un tabou ou encore l’esprit ou l’âme d’un défunt pouvaient manifestement représenter un argument plausible en faveur de la maladie, des arguments que l’esprit irrationnel et naïf de l’homme préhistorique pouvait aisément admettre.

 

En somme, la médecine primitive voyait en la pathologie un aspect de la mythologie, le pouvoir de guérir quant à lui était attribué aux personnalités ayant le don exceptionnel d’entrer en rapport avec les puissances surnaturelles. Hélas, cette conception a survécu jusqu’à nos jours dans certaines peuplades primitives et dans certains milieux mystiques.