Institué par le décret 2.12.126 du 18 avril 2012, le Maroc, à l’instar de plusieurs autres pays, adopte le passage à l’heure d’été le dernier dimanche de chaque mois de Mars. Rationalisation de l’usage d’énergie et harmonisation avec l’environnement économique international sont les principales raisons du passage au GMT+1. L’avantage ? A nous les longues soirées ensoleillées de la belle saison. Mais notre organisme, lui, aura un peu plus de mal à s’adapter, car, en effet, le passage à l’heure d’été n’est pas anodin pour notre santé.

Découvrons ensemble les effets du changement d’heure sur notre corps.

Vous n’êtes pas sans savoir qu’il existe plusieurs mécanismes qui sont intimement liés à l’intégrité du notre rythme circadien; le cycle éveil-sommeil, la température corporelle, la production des hormones, l’humeur, le rythme cardiaque, la vigilance et la mémoire.

Toutefois, au moment du passage à l’heure d’été, ce décalage horaire qui ampute notre sommeil d’une heure est susceptible d’entraîner des perturbations sérieuses de l’horloge biologique.

L’homme, sans changer de quotidien géographique, doit décaler toutes ses activités selon les nouveaux repères temporels : l’heure des repas, l’heure du réveil, l’heure du coucher se voient automatiquement retardées .

Ainsi, nombreuses sont les personnes qui se plaignent de troubles de l’endormissement et de l’attention, de troubles de l’appétit, de l’humeur et d’une baisse de la capacité de concentration d’où la fréquence élevée des accidents du travail et de la circulation.  

De plus, et selon une étude suédoise publiée en 2008 dans le New England Journal of Medicine, le passage à l’heure d’été augmenterait et d’une façon très significative, le risque de survenue des accidents vasculaires cérébraux et de crises cardiaques. En effet, on note une hausse de 5 % du nombre d’infarctus pendant la semaine qui suit ce changement d’horaire. Ce dérèglement temporel serait également responsable d’une surconsommation de somnifères, voir même d’une hausse de taux de suicides.

Outre les classiques dérèglements du rythme circadien, des perturbations hormonales peuvent corrélées ce sommeil devenu plus fragmenté et moins réparateur. En effet,  la mélatonine, ou “hormone du sommeil” est directement affectée par la longueur de la nuit, différente en été et en hiver. Ainsi, il nous faut 2 heures de lumière atténuée pour que cette hormone atteigne le niveau nécessaire au déclenchement du sommeil.

Cependant , il existe certaines personnes qui sont plus vulnérables au changement d’heure et chez qui les perturbations citées précédemment se voient plus fréquentes. C’est le cas justement des personnes âgées, plus habituées à des horaires fixes et un sommeil court, les enfants et en particulier les bébés et enfin les personnes malades ou hospitalisées déjà affaiblies et subissant plus fortement des troubles d’adaptation aux nouveaux horaires saisonniers.

En raison de ces nombreux désordres qui apparaissent à l’issu du changement horaire, il est fortement recommandé de s’y préparer et d’ anticiper ces modifications afin d’éviter une rupture trop brutale du rythme biologique.

Ainsi, plusieurs scientifiques conseillent de procéder à un changement graduel des horaires de coucher et de lever en décalant ses heures de sommeil de quelques minutes/quarts d’heures pendant 2 ou 3 jours en amont. Aussi, une cure de vitamines ou de magnésium peut également être envisagé pour mieux vivre ce nouveau rythme “estival”.

On s’interroge de plus en plus sur la pertinence de cette convention. Enfin, à qui la priorité, les gains économiques ou l’intégrité de notre santé et bien être?