Dr Bouhlal nous explique son COMBAT.

Medactu a eu l’honneur  de s’entretenir avec Dr Seloua Bouhlal médecin et mère avant tout ; Dr Bouhlal est une femme d’exception dont la détermination et la foi  forcent l’admiration.

Il y a quelques mois elle a perdu son jeune fils Rachad Adnane suite à une leucémie contre laquelle il s’est battu avec courage et toujours avec le sourire mais la maladie a fini par l’emporter à la fleur de l’âge

Rachad Adnan connu par ses nombreux amis et aussi à travers les réseaux sociaux qu’il a su mobilier pour le don de sang et plus particulièrement le don de plaquette a su en partageant le quotidien de sa maladie ; capter la sympathie et la mobilisation des autres pour sa cause.

Sa bonne humeur contagieuse ; son sourire légendaire ont fait de lui un symbole de courage et de détermination face à la maladie

Ses actions pour le don de sang et de plaquettes, sont aujourd’hui entretenues et alimentées par sa mère et ses amis.

 

 

En Décembre 2017 ; Dr Bouhlal a entrepris l’ascension du plus grand sommet africain.

 

1/Mme Bouhlal pourquoi cette ascension au Kilimandjaro ?

 

Tout d’abord je tiens à vous remercier de me donner l’opportunité de parler de cette expédition qui est en fait un rêve de Rachad.

En effet ; il projetait de faire cette ascension pour fêter sa victoire contre la leucémie ; malheureusement il est parti avant de pouvoir réaliser ce rêve ; il m’a semblé donc évident de marcher pour lui ; de faire cette ascension pour porter ce message qu’il voulait délivrer « le don de sang est un don de vie ; le don de plaquettes est un don de vie »

 

2/ Parlez-nous de votre avant et votre ressenti une fois au sommet de l’Afrique ?

 

  • Une fois la décision prise ; j’ai pris attache avec Nacer Benabdeljalil pour l’organisation du voyage et je me suis attelée à la préparation physique (il fut un temps où j’étais sportive) je me suis donc faite accompagnée par Mr Tarik El Mlih qui m’a coachée à la fois physiquement et mentalement pour pouvoir réussir mon challenge
  • Cette ascension était une sorte de chemin à l’envers pour relire ; revivre et accepter toute cette période où la maladie a mis la vie de mon fils et donc la mienne par la force des choses entre parenthèse pour finir par les pulvériser
  • L’arrivée au sommet a été vécue par moi comme la somme des efforts de chaque instant ceux de mon coach ; de ma kinésithérapeute ; de ma famille ; mes amis ceux de Rachad de toutes les personnes qui m’ont suivie ; cru en moi et encouragée à repousser mes limites pour offrir un ultime hommage à mon fils ; mais aussi pour porter haut et fort sa voix pour le don de sang et le don de plaquettes

3/Parlez-nous du combat de Rachad et qui a été depuis le début le vôtre et du don de sang ?

 

Rachad était un jeune homme tenace et d’un courage qui force l’admiration et le respect il a su dès le début garder sa force de caractère pour faire face et profiter de cette leçon de vie comme il se plaisait à dire pour partager ; sensibiliser et inciter les gens à donner d’eux même pour aider les autres

Je ne pouvais que le suivre dans cette démarche ayant été face aux difficultés de ce volet de la prise en charge d’un malade leucémique ; le besoin de plaquettes comme vous le savez c’est l’aspect le plus délicat mais aussi le plus difficile car le malade reste tributaire de la disponibilité des poches de plaquettes et le centre de transfusion est tributaire des donneurs bénévoles

Il faut organiser assez régulièrement des campagnes de don de sang sensibiliser parler autour de soi et surtout il faut que les donneurs ne soient plus donneurs occasionnels mais deviennent donneurs réguliers

Il ne faut pas attendre d’avoir besoin de sang ou de plaquettes pour chercher des bénévoles ou être soit même donneur pour un ami ou un membre de sa famille mais être donneur régulier et solidaire de tous ces patients anonymes dont la vie peut être sauvée grâce à cette action humanitaire au plus haut point

Pour finir je crois que chacun d’entre nous peut en dépassant ses propres limites réaliser ses rêves ; je crois aussi que le chemin parcouru est presque plus important que le but à atteindre et surtout qu’il nous faut être solidaire pour le don de sang avant que le mal arrive faisons que chacun puisse y faire face sans se sentir seul le moment venu