Les adénopathies sont très fréquentes chez le jeune enfant ; elles sont banales le plus souvent, réactionnelles à une infection virale, bactérienne ou parasitaire. Dans de rares cas, elles peuvent être tumorales malignes.

 I- Circonstances de découverte

  • Une maman amène son enfant en consultation pour une adénopathie (une boule mobile le plus souvent dans un pli de flexion)
  • Le médecin découvre une adénopathie lors d’une consultation pour un autre motif

 

II- Interrogatoire

  • A propos de l’adénopathie
    • Histoire : début, évolution
    • signes accompagnateurs : douleur, syndrome anémique ou hémorragique, dyspnée
  • A propos des antécédents
    • de l’enfant : grossesse, accouchement, anomalie constitutionnelle, vaccinations, alimentation, maladies infantiles, scolarité
    • de la famille : anomalie connue, décès dans la fratrie

 

III- Examen clinique

  • Examen de l’adénopathie : unique ou multiple, localisations, volume, sensibilité, mobilité,
  • Examen général à la recherche de signes physiques accompagnateurs :
    • Hématologique : purpura, pâleur, splénomégalie
    • Tumoral : masse abdominale ou thoracique, douleur des membres, anomalie ORL ou des paires crâniennes

 

Conclusion clinique 

Sexe, age, adénopathie isolée ou entrant dans un cadre général, étiologies envisagées

 

IV- Signes évoquant une malignité :

  • Signes inflammatoires souvent absents
  • Localisation : unilatéralité ou asymétrie ; si cervicale, creux sus claviculaire et cervicale haute

 

V- Étiologies Malignes possibles

  • Maladie de Hodgkin si évolution lente et adénopathie localisée et isolée
  • Leucémie Aigue si évolution rapide et adénopathie généralisée et accompagnée d’anémie, fièvre, ou syndrome hémorragique
  • Lymphome Non Hodgkinien si évolution rapide et adénopathie localisée
  • Autres maladies plus rares tel que Histiocytose
  • Adénopathie d’extension locale ou régionale d’une tumeur

 

VI- Bilan simple

  • IDR à la Tuberculine; si elle est franchement positive, ce n’est très probablement pas un cancer
  • NFS Plaquettes à la recherche d’une anémie, neutropénie ou thrombopénie
  • Radio Pulmonaire pour voir médiastin et poumons
  • Echographie Abdominale pour voir adénopathie sous diaphragmatique, intestins, reins…
  • Myélogramme (à faire devant une adénopathie généralisée d’évolution rapide, accompagnée ou non d’autres signes cliniques et en cas de perturbation de l’hémogramme)
  • Biopsie ganglionnaire : A ne faire qu’après une analyse correcte de l’hémogramme qui peut orienter vers une leucémie aigue et indiquer un myélogramme. Si elle est faite avant le Myélogramme, elle risque de montrer à tord un aspect de LNH alors qu’il s’agit d’une localisation ganglionnaire de blastes leucémiques.

 

VII- Orientation et communication

  • Si IDR négative et suspicion ou confirmation de cancer même sans précision, contacter le centre de référence le plus proche par téléphone, Email ou Fax
  • S’il y a indication de transfert, le médecin de proximité fera préciser la date du Rendez vous (s’assurer que la date donnée n’est pas férié), le nom du médecin qui verra l’enfant à l’unité de référence et les documents nécessaires, aussi bien techniques que administratifs.
  • Le médecin de proximité doit informer les parents de la raison du transfert : il peut s’agir d’un cancer, et dans ce cas, il vaut mieux qu’il soit traité tôt et dans un centre spécialisé pour avoir de grandes chances de guérir
  • Le médecin de proximité doit aussi informer les parents de l’existence d’associations d’aide aux familles et leur donner leurs coordonnées.

 

Par la suite,

S’il ne reçoit pas systématiquement des nouvelles de son patient, le médecin de proximité doit les demander pour connaître le diagnostic et le traitement et pouvoir en informer la famille

 

Source: Manuel Diagnostic précoce des cancers de l’enfant au Maroc-Cordinnée par Fouzia Msefer Alaoui, Association l’Avenir